Quel est le rôle du commissaire-priseur ?

Officier ministériel, le commissaire-priseur est le seul habilité à diriger des ventes aux enchères, qui peuvent être de deux types :

  • les ventes judiciaires, où sont mis en vente des biens mobiliers et objets saisis lors de redressements judiciaires ou de faillites ; on compte un peu plus de 400 commissaires-priseurs judiciaires en France en 2021.
  • les ventes volontaires aux enchères publiques, qui sont réalisées au sein de sociétés commerciales gérées par les commissaires-priseurs eux-mêmes. Dans ce cas les ventes concernent d’objets à la demande de particuliers ; il ne s’agit donc pas d’une transaction commercial, puisque le commissaire-priseur vend pour le compte d’un client. C’est bien un acte civil.

La célèbre allocution « Adjugé, vendu ! » est propre au commissaire-priseur, lorsque qu’il clôt l’adjudication d’une frappe de son marteau d’ivoire (le marteau d’ivoire est une spécificité française). Il opère dans une salle des ventes, ou un hôtel des ventes.

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Commissaire-priseur : quel est son rôle ?

Une double-activité

La majorité des commissaires-priseurs exercent à la fois dans les ventes volontaires et les ventes judiciaires, même si la première catégorie est, de loin, la plus courante.

Mais ce n’est pas leur seule activité : de part leur formation à double cursus, ils sont de véritables experts dans leur domaine de prédilection : expertise de tableaux, objets d’art, véhicules de collection, matériels anciens, objets rares, joaillerie et bijouterie de luxe…

Contrairement aux notaires, qui sont les seuls habilités à la vente aux enchères de bien immobiliers (maisons, locaux, appartements), les commissaires-priseurs ne peuvent vendre que ce qui est « mobile » au sens strict de la loi : ainsi, s’il leur est possible de vendre aux enchères une armoire normande ou une voiture, un mur avec un papier peint ancien ou une gravure n’est pas à leur portée d’un point de vue juridique, puisqu’il est « immobile ».

Quel est le déroulement d’une vente aux enchères ?

L’organisation d’une vente débute dès la demande d’expertise, généralement demandée au commissaire-priseur ; ce dernier, véritable spécialiste dans un ou plusieurs domaines précis, peut demander dans les cas difficiles le recours à des experts extérieurs afin d’établir des estimations au plus juste.

Suite à cela, les objets qui seront mis en vente sont parfois exposés au public dans une salle d’exposition qui leur est propre, afin que les éventuels acheteurs puissent en prendre connaissance. Ils sont également en charge d’établir les catalogues des objets qui seront soumis à adjudication le jour de la vente.

Ce catalogue contient les lots que le commissaire-priseur aura formé, en accord avec ses clients, sachant qu’un lot peut contenir un ou plusieurs objets. Il faut noter que bien souvent, les ventes aux enchères proposent une majorité de petits objets peu onéreux, proposés en lots, et que les ventes prestigieuses ne sont pas si courantes.

Au final, les principales qualités du commissaire-priseur se résument à trois domaines :

  • une véritable expertise dans le domaine de l’art
  • un sens commercial aiguisé avec un soupçon d’acting pour mettre en scène les ventes
  • un contact chaleureux avec le public présent (même si de plus en plus les ventes se déroulent majoritairement avec des acheteurs en ligne !)

Quelles études suivre pour devenir commissaire-priseur ?

Deux cursus sont possibles pour devenir commissaire-priseur : le cursus universitaire, et le voie professionnelle.

En suivant un cursus universitaire

Le futur commissaire-priseur doit devenir titulaire d’un double-diplôme en droit et en histoire de l’art, tous deux d’un niveau minimal BAC+3 (Licence). Certains formations artistiques permettent d’obtenir ces niveau par équivalence.

L’obtention de ces deux diplômes autorise l’étudiant à passer le concours (avec épreuves écrites et orales pluridisciplinaires) qui lui permettra d’accéder au statut de commissaire-priseur stagiaire, pour une durée de deux ans. Dès lors, il exercera son nouveau métier dans le cadre d’un stage rémunéré, et pourra diriger des ventes volontaires (exclusivement).

L’exercice des ventes judiciaires est régit par l’obtention d’un examen d’aptitude judiciaire comportant trois épreuves sur les trois volets relatifs aux ventes judiciaires :

  • la réglementation professionnelle
  • les ventes judiciaires et leur mise en pratique
  • le droit civil

En suivant la voie professionnelle, par validation des acquis

C’est au terme de 7 ans d’activité comme clerc dans le cadre d’une office des ventes volontaires, qu’un professionnel peut passer un examen de validation des acquis, appelé examen d’aptitude volontaire.

Il pourra ensuite, comme dans le cadre du cursus universitaire, passer le second examen d’aptitude judiciaire, afin de pouvoir exerce comme commissaire-priseur judiciaire.

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